Ses brûlures charnelles
Etienne Gros dessine avec le feu. Le corps, « son obsession », est son territoire de création, fluctuant, toujours métamorphique et féérique. Corps flottant dans les limbes d’un rêve éternel. Corps en apesanteur libéré des contraintes du quotidien, fantasmé, irréel et fascinant.
Étreintes de la matière et de la flamme. Étreintes d’étendue. Etienne Gros invente en fabuleuse légèreté d’allusives entités émouvantes et mouvantes. Il s’abandonne aux infimes fluidités du désir, et dans la chaleur créatrice du feu, il donne à voir de fantomatiques allures féminines. Fragiles et surgissantes, elles sont à la fois proches de la disparition et, en même temps, elles imposent une fascinante présence charnelle.
Espace d’intimité caressée du dedans, quand les caresses font naître tous les possibles du corps, quand l’Eros éperdu navigue en haute vie. A vif, à cru, en pure proximité visuelle, et la trace infime
éblouit l’espace. L’instant de la création tient ici du miracle.
Étienne Gros sculpte également. Pièces subtilement massives et rassurantes. Ce sont des socles de chair douce au volume paisible, un rien bouddhique, installés hors du temps dans une rassurante stabilité.
La belle Galerie Artes, vouée au feu, au verre, à la pierre et au métal, invite à tous les possibles du regard.
Jusqu’au 29 mars 2025
Galerie Artes – Pont-Sainte-Marie (10)
En Une : Buste blanc – 130×97 cm
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